la guilde du lieudit l'effe

21 mai 2016

Perpétuité réelle

Plus j'observe la chambre d'Eléonore, plus je me dis que la France serait condamnée par la Cour Européenne des Droits de l'Homme, si elle osait offrir une cellule aussi austère à ce pauvre Salah Abdeslam..

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18 mai 2016

Ensablée (sur Sarthe)

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Ceci est une scène banale de la vie quotidienne dans la Black City : une berline échouée sur un banc de sable. Je n’arrive pas à comprendre comment les autochtones, pourtant avertis quant aux problématiques du désert, peuvent s’entêter à choisir ce genre de voitures, lourdes comme des chameaux en plomb morts, pour se lancer sur les pistes ultra sablonneuses de la ville.

Lorsque nous sommes arrivés ici, il y a deux ans et demi , j’ai néanmoins fait cette amère expérience, que de rester désespérément plantée dans le sable, un matin en emmenant les enfants à l’école.

Or, cela n’aurait jamais dû m’arriver : notre pauvre vieux Vitara, tout pourri qu’il soit, n’en demeure pas moins doté des 4 roues motrices susceptibles de nous tirer de l’embarras.

C’est qu’à l’époque, je n’avais pas encore tout compris : pour moi, la seule particularité d’un véhicule 4X4 était d’avoir une roue de secours accrochée à l’arrière. J’avais bien remarqué le levier de vitesse supplémentaire, mais ne m’étais pas trop interrogée quant à son utilité.

 

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 Je pensais donc que le simple fait de circuler dans un 4X4 avec cette grosse roue fixée sur la porte arrière me prémunissait contre les risques d’ensablement. On voit le niveau.

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Belle déconvenue le jour où je me suis retrouvée coincée, telle le couteau d’un robot Moulinex tentant de réduire en purée une boîte de pois chiches récalcitrants. Heureusement, alors que j’avais déjà débarqué les gosses et m’apprêtais à rebrousser chemin à pied (Eléonore ne marchait pas encore, je devais en plus la porter !), deux passants prirent les choses en main, sans doute navrés par tant d’abrutissement féminin. Ils se sont installés au volant et ont promptement dégagé le Vitara, sans aucune difficulté : Eux savaient qu’il fallait :

-enclencher la première sur le gros levier de vitesse

-enclencher en plus une vitesse sur le petit levier

Cette anecdote est à mettre je pense sur le même plan que les trois semaines que j’ai passées à laver mon linge avec une machine dont l’arrivée d’eau n’était pas ouverte. Je me revois faire part à Aude de mon enthousiasme :

« je me demande bien pourquoi j’ai un sèche-linge, ma machine essore à mort, le linge en ressort aussi sec qu’il y est entré. »

Il m’a fallu trois semaines pour comprendre qu’une machine à laver nécessitait une alimentation en eau, et mener l’enquête pour vérifier que celle-ci était assurée.

De même que le linge ressort plus mouillé (mais accessoirement plus propre) d'une machine remplie d'eau,un 4X4 a donc deux leviers de vitesse, et il faut trifouiller avec pour se sortir les roues du sable.

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16 mai 2016

Mitoyenneté

Durant la semaine de la francophonie, qui a lieu chaque année au mois de mars, une vente de livres d’occasion est organisée au sein de l’Institut Français .

J’y ai trouvé, depuis 3 ans que je la fréquente, pas mal de livres pour moi, mais surtout pour les enfants, Lulu en tête, qui semble avoir bien contracté le virus de la lecture.

Parmi ces trouvailles, figurent en tête les livres de la bibliothèque rose que je décrirais comme « ancienne méthode », c’est-à-dire dans l’édition de ma jeunesse, avec les dessins caractéristiques de cette époque : L’an dernier, ce furent quelques « Club des cinq » que j’achetai, et cette année, j’ai jubilé en découvrant , dans le fouillis de l’étalage, « le mystère des voisins terribles », écrit par la même Enid Blyton, que j’ai dû lire des dizaines de fois dans mon enfance. .  L’exemplaire a beau être toujours présent chez mes parents, je l’ai racheté, puis lu une fois de plus, à peine rentrée à la maison.


 C’est l’histoire de deux familles voisines, dont les enfants sont radicalement différents ; les trois enfants Gauthier sont sages, serviables, soigneux, ordonnés, et travaillent très bien à l’école, cependant que les rejetons Maraval forment une bande de pré-délinquants, cancres turbulents et mal fagotés. Contraints de se fréquenter du fait de l’amitié liant leurs pères respectifs (copains d'enfance qui viennent de se retrouver), ils en viendront à s’apprécier, à comprendre que la différence est une richesse, et autres mièvreries insupportables. On voit le tableau. Pourtant, j’ai pris autant de plaisir à cette lecture que la dernière fois, qui devait bien remonter à 25 ans.

J’ai découvert par la même occasion que ce mystère-là, celui des voisins terribles, n’était pas le seul. J’ai fait main basse sur tous les éléments de la collection qui se trouvaient là.

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13 mai 2016

Mensonge et trahison

Contrairement à Lucille, Eléonore-le-putois n'a jamais hésité à user du mensonge.


Son fait d'arme fondateur en la matière fut le fameux épisode:

-"Mais je rêve, tu as encore fait pipi dans ta culotte???!!!!" m'écriè-je en avisant la suspecte humidité de son pantalon

-"C'est pas vrai, c'est pas moi !!" répond l'intéressée avec aplomb.

 

Ce soir, supervisant depuis la cuisine et mon torchon à vaisselle l'habituelle trilogie "pipi-les dents-au lit", j'interpelle Lucille, qui revient de la salle de bain:

-"Lulu, est-ce que ta soeur s'est lavé les dents?"

-"Je sais pas, je vais voir."

Au loin dans le salon, j'entends la conversation suivante:

-"Eléonore, tu t'es lavé les dents?"

-"Oui"

-"Fais-moi sentir tes dents"

Et aussitôt, le jugement sans appel:

-"ça pue le poisson pourri dans cette bouche, va te laver les dents!"

Démasquée mais finalement bonne joueuse, la petite soeur s'exécute.

Je me marre dans mon évier plein de cafards.

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01 mai 2016

Vérité en deçà de la Méditerranée, erreur au-delà

Les attentats terroristes de ces derniers mois rencontrent évidemment un écho ici aussi. Mais les réactions induites localement par ces événements sont bien différentes de celles dont nous avons connaissance par le biais des médias français, ou plus généralement occidentaux.

J’ai eu l’occasion par deux fois d’être mêlée à une conversation roulant sur le sujet.

La première fois, ce fut lors de l’arrestation de Salah Abdeslam, arrestation qui fut commentée lors de la séance de sport à laquelle je me rendis peu après cette annonce. Il faut se figurer l’ambiance : Dans cette salle, se retrouvent, outre quelques rares occidentales comme moi, essentiellement des africaines de plusieurs nationalités, Afrique Noire, Afrique du Nord, ou Moyen Orient. Toutes arrivent emmaillotées dans leurs voiles de musulmanes pratiquantes, et revêtent leurs tenues de fitness, après avoir bien pris soin de fermer la porte, devant laquelle des hommes pourraient passer. D’ailleurs, la seule fois où un individu de type masculin, venu réparer la sono, a innocemment pénétré dans cette salle, il a provoqué la même réaction qu’un coup de feu : chaque femme a fondu sur son voile et s’en est précipitamment enveloppé comme si sa vie en dépendait, c’était saisissant à voir !

  A chaque fin de cours, après avoir sué comme des biques en plein soleil et fait monter nos rythmes cardiaques à des hauteurs vertigineuses, nous évoquons un quelconque sujet, les embouteillages provoqués par les travaux gigantesques entrepris dans la Black City, les bienfaits pour la peau des masques miel-blanc d’œuf..Ce jour-là, il s’agissait de l’arrestation de Salah Abdeslam :

-« Mais vous avez vu ça ? Ce Salah Abdeslam, là, après tout ce qu’il a fait, il a droit à un avocat ???!!!! Et il peut refuser d’être jugé en France ??? Non mais, c’est quoi ça ??!! »

La coach intervint :

-« Non mais, en Europe, ils ont « leurs droits de l’homme là » », dit-elle, comme si elle évoquait une maladie invalidante.  « Ici, si un fou comme ça veut faire quelque chose, on a même pas le temps d’en entendre parler qu’il est déjà arrêté et mis en prison, ou expulsé. »

Et chacune de témoigner de son incompréhension face à l’indulgence d’une telle procédure pénale, et de sa réticence à se rendre désormais en Europe, du fait du risque terroriste. A aucun moment ne vint sur le tapis ( de fitness) la fameuse crainte de la « stigmatisation » ou des « amalgames » dont elles pourraient être victimes, alors même qu’elles ont toutes l’exacte tête de l’emploi pour les redouter. Non, ce qui préoccupe ces femmes, c’est le risque de mourir dans un attentat lors de leurs vacances en Europe, et la scandaleuse attitude des Etats européens, qui traitent les terroristes comme des nababs, alors qu’ils ne méritent, à leur avis, que l’exécution pure et simple, ou, à tout le moins, de bénéficier des traitements les plus inhumains et dégradants dans la pire des geôles, sort que leur réserverait assurément un pays raisonnable (comme le leur).

Quelques jours plus tard, après les attentats de Bruxelles, nous étions branchés sur LCI, qui exposait les visages et les noms des Belges supposés auteurs des faits. La coiffeuse était avec nous, occupée à couper les cheveux des gosses devant la télé. Alors que nous plaisantions sur les patronymes des terroristes, qui semblaient rien moins que wallons, la coiffeuse s’exclama :

-« Mais forcément, la Belgique, elle est comme la France, elle accorde sa nationalité à n’importe qui ! »

-« Tu veux dire », lui demandai-je de préciser, « que si nous, français qui vivons ici, nous faisons un autre enfant et qu’il naît ici, il n’aura pas la nationalité du pays ? »

-« Evidemment ! Pourquoi l’aurait-il ?? vous êtes français, pas mauritaniens ! Pourquoi votre enfant le serait-il ? ce serait n’importe quoi ! En France, si un étranger arrive et fait un enfant là-bas, il est français !! Après, faut pas s’étonner ! »

Nous en sommes restés comme deux ronds de flan.

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29 avril 2016

Proposition relative

Un après-midi, il y a quelques jours. Je lisais :

 

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Pendant ce temps, Paulo tentait de contenir les avancées du désert. Car le désert avance, ce n’est pas qu’une formule. Le sable s’immisce partout, et recouvre toutes les surfaces, revenant inlassablement à la charge après chaque nettoyage. Après une heure de balai et de serpillière à l’intérieur puis l’extérieur de la maison, Paulo s’écria :

-« Bon, c’est pas l’heure de mon Ricard, là ? »

-« Quand même pas, Paulo, il n’est que cinq heures moins le quart ! »

-« Ben, et alors ? »

-« Ben et alors, c’est trop tôt, il ne faut pas exagérer ! »

Sur cette sentencieuse conclusion, je replongeai dans ma lecture, et là, voici sur quoi je tombai :

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Comment ne pas y voir la preuve de l’existence du Divin ?

Capitulant, j’allai moi aussi chercher les glaçons et la bouteille. Mais contrairement aux personnages du livre, Paulo s’en tint à un verre, puisque c’est bien connu, Paulo ne boit pas. En revanche, il n'est pas du genre à s'auto-censurer quant à l'heure de l'apéro.

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28 avril 2016

Minestrone et smartphone

Il y a quelques jours, Paulo s’est vu offrir un beau téléphone comme tout le monde :

 

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A titre de comparaison, voici à quoi ressemblent nos téléphones actuels.

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Nous nous en contentons sans frustration aucune, n’entretenant ni l’un ni l’autre de relation passionnée avec notre téléphone, ne nous en servant que pour téléphoner, pour le boulot essentiellement en ce qui concerne Paulo, et rarement pour ma part. Ceci vaut aussi bien à la Black City qu’à la Guilde, où la réception est si médiocre qu’elle découragerait même le plus enragé du smartphone.

 

Peu motivés par l’exploration du mode d’emploi du nouvel engin, pour lequel par surcroît il faudrait, afin de le faire fonctionner, dégotter une carte SIM spéciale, mission dont personne n’a le courage de se charger, nous avons soigneusement rangé le smartphone dans sa boîte, dont nous le ressortirons le jour où le besoin s’en fera sentir. Vraisemblablement le jour où l’un de nos portables ne fonctionnera plus.

Mais cet appareil dernier cri a toutefois généré une petite révolution à la maison, dans la mesure où son câble de rechargement était livré avec un adaptateur correspondant au câble d‘alimentation électrique de mon blender :

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Cela n’a l’air de rien, mais je tenais là la solution pour faire fonctionner le blender, et par là-même, réaliser des soupes maison, qui me permettraient d’abandonner les soupes Liebig en briques.

Mais bien vite, le dilemme suivant m’est apparu : Finalement,vaut-il mieux consommer des soupes cuisinées soi-même avec de vrais légumes dont on ne connaît absolument pas la provenance, ou des soupes industrielles certes, mais dont les ingrédients sont issus de l’agriculture biologique ?

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24 avril 2016

Dans la souricière

Puisqu’il faut (parfois) faire plaisir aux gosses, j’ai accepté en juin dernier, sur l’idée de Paulo, de les emmener à Marne la Vallée.

Agissant avec une mauvaise grâce certaine, j’ai calé ça au retour d’un week-end de circuit moto de Paulo, ne consacrant qu’une toute petite journée à la visite chez Mickey. Voici  l’itinéraire parcouru dans la journée (carte artisanalement modifiée) :

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Partis à 6H du matin du point A, nous sommes montés au point B (le fameux Disneyland), avant de redescendre à la Guilde, où nous sommes arrivés vers 20H. La visite du parc a donc été strictement cantonnée au créneau 10H-16H. Bien suffisant à mon sens.

Psychologiquement préparée à passer un sale moment, je n’ai pas été déçue : nous étions le 21 juin, mais il faisait un froid de loup, au point que notre première action consista en l’achat de manteaux pour les filles ; il pleuvait et il y avait plein de monde ; à l’heure du repas, aucun restaurant ne daigna nous recevoir, faute de réservation : nous avons donc été contraints d’avaler de la nourriture pleine de gras dans un de ces fast food infâmes, ou plus exactement sur la terrasse de cet établissement, en plein vent et sous la pluie. Nous avons rempli consciencieusement la mission boutique souvenir, et avons sacrifié à l’attente incompressible dans les files dédiées à cet effet, toujours dans le blizzard et les frimas, avant de monter dans deux ou trois attractions, qui ne m’ont fait ni chaud ni froid.

A 16H pétantes, nous avons regagné le parking, et j’ai claqué la porte de la voiture avec le sentiment du devoir accompli, persuadée de ne plus jamais en entendre parler, gageant que tous les occupants du véhicule partageaient mon écoeurement.

Jusqu’à ce qu’en octobre, j’entende Paulo dire aux filles :

-« et puis en février, on va retourner chez Mickey ! »

Affolée par les débordements de joie provoqués par cette phrase, j’intervins avec véhémence :

-« Leur raconte pas des trucs pareils, elles vont le croire ! » 

-« Mais elles peuvent le croire, on va vraiment y retourner, mais cette fois-ci, on le fait version confort, avec hôtel au top, restaurants de princesses etc »

Après quelques jours de résistance indignée, j’ai admis que cela ferait un beau cadeau de Noël, et résignée, j’ai pris le dossier en main.  Après avoir étudié à la loupe les différents hôtels, les différents restaurants, les forums, les blogs, je me suis sentie en mesure d’opérer un choix éclairé.
J’ai  réservé 3 jours (2 nuits) au Disneyland Hôtel, du 29 février au 2 mars. Situé à l’intérieur du parc, sa localisation nous permettait de rejoindre notre chambre sans prendre une navette ou la voiture, et le standing de l’établissement laissait augurer le meilleur.

La question des restaurants était sensible : en effet, impossible d’imaginer se décider in situ, ces endroits hors de prix sont bien évidemment pris d’assaut, et il convient de réserver deux mois à l’avance, si l’on souhaite manger dans un restaurant digne de ce nom, et donc éviter une déconvenue comme celle du mois de juin. Passé le choc du tarif, j’ai calé deux déjeuners à  «  l’auberge de Cendrillon », et deux dîners au restaurant  «  Inventions », de telle sorte que les gosses puissent rencontrer un maximum de personnages, sans devoir affronter d’interminables files d’attente  . Le concept de ces établissements est en effet de prendre son repas en voyant défiler à sa table toute une ribambelle de personnages Disney. A tel point que l’utilisateur d’un forum se plaignait, au sujet du restaurant « Inventions », de ne pas avoir pu dîner tranquille, sans cesse emmerdé qu’il était par l’âne Bourriquet ou le chien Dingo venant lui taper dans le dos ou faire les andouilles, alors qu’il tentait de se concentrer sur son assiette. Exactement ce qu’il nous fallait.

Le séjour dans son ensemble fut une réussite, et je ne parle pas uniquement du point de vue des enfants.

Si bien qu’en refermant la portière de la voiture lors du départ, j’étais bien loin de l’euphorie triomphante de notre révoltante visite du mois de juin. C’est avec regret que j’abandonnais cet hôtel splendide et douillet, sa piscine déserte (coup de chance, sans doute) , son délicieux restaurant Inventions et l’ambiance de l’auberge de Cendrillon. Côté attractions, nous en avons fait suffisamment sans nous imposer un marathon éreintant, et si cela n’est définitivement pas ma tasse de thé, cet aspect parfois pénible (même si nous n’avons pas souffert d’une trop grande affluence) était largement compensé par le reste.

Il est donc possible d’apprécier un séjour à Disneyland, y compris pour un être aussi critique et atrabilaire que je le suis.

Pourvu que Paulo nous ressorte sa phrase magique : « et on va retourner chez Mickey !! »

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22 avril 2016

Encore un matin

Voici  le détail de ce qui se passe le matin entre 6h30 et 7H50 . Dans ce récit, pas de graines de chia, ni de thé Chaï ou Matcha, mais plutôt des produits laitiers, de l’efficacité, du Sam le Pompier, ou encore des « tu veux que je réveille papa pour lui expliquer que tu veux pas te laver ??!! ».

Après m’être extraite de la moustiquaire, je me dirige vers la cuisine, où je prépare deux biberons : Lucille, malgré son âge avancé, n’a pas atteint la maturité du petit déjeuner.

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Pendant  les deux fois une minute de micro-ondes, je me précipite dans le salon pour allumer la télé, et la caler sur piwi + , d’où surgit Sam le Pompier, toujours imperturbable face à une bande de gosses inconscients qui multiplient les conneries, et donc les dépenses publiques indispensables à leur réparation.

J’apporte son biberon à Lucille, dans son lit, puis je vais réveiller Eléonore. Le flou de la photo du lit de Lulu reflète le brouillard dans lequel je me trouve encore à 6H36.

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Eléonore s’extirpe à son tour de sa moustiquaire, quitte sa chambre, et va s’enquiller son biberon devant Sam le Pompier, dans un demi-sommeil.

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Lucille la rejoint peu après.

Je me consacre alors à la préparation des goûters : en général, je tape dans les gâteaux réalisés par mes soins, et en cas de pénurie, j’essaie d’avoir en réserve un paquet de pains au lait industriels ou de gâteaux secs ; les bananes font également l’affaire.

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Vient enfin le moment tant attendu de la douche : les filles se disputent avec véhémence le droit d’y aller en deuxième, chacune réfutant y être passée la première la veille, estimant que c’est donc à l’autre de se laver en premier. Une fois le débat tranché, il s’écoule à peu près dix minutes entre le moment où l’une part pour la douche et celui où l’autre en revient. Dans ces dix minutes, s’inscrivent les étapes des toilettes, de la douche stricto sensu, de l’habillage, et du nettoyage de visage.

Les filles se retrouvent alors de nouveau dans le salon, devant Topsy et Tim. Les jours de shampoing, il faut encore sécher les cheveux de Lulu et les coiffer.

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A ce moment-à, il est environ 7H15, je vais moi-même me doucher et m’habiller.

C’est alors le moment du départ : chacune prend son sac, on éteint la télé, et on se dirige vers la voiture.

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Une fois parties, Lucille enchante le parcours jusqu’à l’école en nous récitant les tables de multiplication.

 

A l’arrivée devant l’établissement d’Eléonore, qui ouvre à 7H40, nous attendons l'ouverture en faisant un peu de calcul mental.

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Nous laissons le putois dans sa classe:

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Nous remontons alors, Lulu et moi, dans notre fier Vitara, et allons nous garer à proximité du Lycée Français.  Lucille endosse son cartable, et se dirige vers le portail principal du lycée.

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Pas la peine de chercher Lucille sur la photo, mon appareil s'est déclenché trop tard, elle avait déjà disparu, avalée par l'institution.

Et il est 7H50. L'heure de rejoindre ma théière.

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17 avril 2016

Morgen Früh

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Après une longue période de climat exceptionnellement tempéré, nous avons retrouvé nos 40°C, ceux qui font le charme de notre contrée d’adoption (outre l’interdiction de l’alcool, du porc, et des sacs poubelle, bien sûr).

Dans ce nouveau contexte, c’est uniquement tôt le matin qu’il est possible de profiter d’une relative fraîcheur, entre la touffeur de la nuit et le retour du soleil à plein régime.

Sans qu’il ne faille y trouver aucun lien de cause à effet, je me suis remise au thé, après des années de café matinal. Cela fait des mois que je songe à cette révolution, à tel point que fin août, dans les derniers jours qui me restaient avant de reprendre l’avion pour la Black City, j’ai sacrifié une après-midi à un aller-retour à Tours, pour m’approvisionner en Earl Grey à la boutique Hatty’s, dont j’étais une fidèle cliente depuis longtemps. La boutique Hatty’s ayant été transformée en salon de coiffure, j’ai replongé pour quelques mois dans le café.  Jusqu’à ce que je comprenne que je n’aime plus du tout ça d’une part, et que le café me transforme un pile électrique pendant des heures, d’autre part. J’en suis au point où la simple odeur du café équitable me soulève l’estomac.

Me voilà donc attablée devant ma théière d’Earl Grey de marque distributeur Auchan, revendu par l’ATAC de la Black City, dans lequel je précipite le jus et quelques pépins d’un citron plus ou moins vert, préalablement trempé dans un bain de javel à visée sanitaire.

Je me demande si tout ceci est compatible avec les préceptes « forme » d’Estelle Lefébure.

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