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Ceci est une scène banale de la vie quotidienne dans la Black City : une berline échouée sur un banc de sable. Je n’arrive pas à comprendre comment les autochtones, pourtant avertis quant aux problématiques du désert, peuvent s’entêter à choisir ce genre de voitures, lourdes comme des chameaux en plomb morts, pour se lancer sur les pistes ultra sablonneuses de la ville.

Lorsque nous sommes arrivés ici, il y a deux ans et demi , j’ai néanmoins fait cette amère expérience, que de rester désespérément plantée dans le sable, un matin en emmenant les enfants à l’école.

Or, cela n’aurait jamais dû m’arriver : notre pauvre vieux Vitara, tout pourri qu’il soit, n’en demeure pas moins doté des 4 roues motrices susceptibles de nous tirer de l’embarras.

C’est qu’à l’époque, je n’avais pas encore tout compris : pour moi, la seule particularité d’un véhicule 4X4 était d’avoir une roue de secours accrochée à l’arrière. J’avais bien remarqué le levier de vitesse supplémentaire, mais ne m’étais pas trop interrogée quant à son utilité.

 

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 Je pensais donc que le simple fait de circuler dans un 4X4 avec cette grosse roue fixée sur la porte arrière me prémunissait contre les risques d’ensablement. On voit le niveau.

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Belle déconvenue le jour où je me suis retrouvée coincée, telle le couteau d’un robot Moulinex tentant de réduire en purée une boîte de pois chiches récalcitrants. Heureusement, alors que j’avais déjà débarqué les gosses et m’apprêtais à rebrousser chemin à pied (Eléonore ne marchait pas encore, je devais en plus la porter !), deux passants prirent les choses en main, sans doute navrés par tant d’abrutissement féminin. Ils se sont installés au volant et ont promptement dégagé le Vitara, sans aucune difficulté : Eux savaient qu’il fallait :

-enclencher la première sur le gros levier de vitesse

-enclencher en plus une vitesse sur le petit levier

Cette anecdote est à mettre je pense sur le même plan que les trois semaines que j’ai passées à laver mon linge avec une machine dont l’arrivée d’eau n’était pas ouverte. Je me revois faire part à Aude de mon enthousiasme :

« je me demande bien pourquoi j’ai un sèche-linge, ma machine essore à mort, le linge en ressort aussi sec qu’il y est entré. »

Il m’a fallu trois semaines pour comprendre qu’une machine à laver nécessitait une alimentation en eau, et mener l’enquête pour vérifier que celle-ci était assurée.

De même que le linge ressort plus mouillé (mais accessoirement plus propre) d'une machine remplie d'eau,un 4X4 a donc deux leviers de vitesse, et il faut trifouiller avec pour se sortir les roues du sable.