la guilde du lieudit l'effe

le quotidien des membres de la guilde du lieudit l'effe

11 mai 2008

Son nom de Venise dans Calcutta désert

Je me suis enfin décidée à affronter le documentaire figurant comme "bonus" au DVD de "India Song".

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J'ai mis du temps à franchir le pas, encore traumatisée par le film: bordel, il ne dure "que " 120 mn, mais à la fin, j'avais réellement l'impression d'avoir pensé 72h en garde à vue.

On a beau avoir un seuil élevé de tolérance à l'ennui provoqué par certains travaux de Marguerite Duras, il y a tout de même des limites.

Le film "India song", ce sont donc deux heures de plan fixe, dans une même pièce (forcément), avec des acteurs qui ne desserrent jamais les dents, se déplacent (quand ils se déplacent) avec une effroyable lenteur, et une bande-son composée de pénibles hurlements en cambodgien et de dialogues en français chiants à mourir, prononcés avec, là encore, une extrême lenteur et sur un ton grotesque. Les acteurs parlent sur cette bande-son: en clair, ils n'ouvrent physiquement jamais la bouche à l'écran, mais on les entend quand même débiter mollement leurs platitudes insoutenables entre deux cris de cochon qu'on égorge. Même au second degré, c'est inacceptable. Et je n'ose même pas imaginer ce que cela doit être que de voir le film ex abrupto sans avoir lu le livre, et sans donc savoir ce qu'il est censé raconter. On doit difficilement se relever d'une telle épreuve.

Je m'attendais donc au pire avec "la couleur des mots", "postface vidéographique" de ce (beaucoup trop) long métrage. Sur le fond, pas de miracle, ce n'est qu'autocongratulation sur les immenses qualités du film (et ben putain...). La forme en revanche réserve de bonnes surprises:

En effet,si le gros de l'entretien se déroule en tête-à-tête avec Jérôme Beaujour, il y a aussi une espèce de conversation tripartite entre Marguerite Duras et les deux acteurs principaux: on voit donc une Delphine Seyrig au physique déconcertant, dont l'allure évoque une vieille ampoule très basse tension grillée, avec des filaments qui rebiquent de partout (enfin, c'est mon avis). Déjà. Et à côté d'elle, Michael Lonsdale, éternel sujet d'épouvante, fumant cigarette sur cigarette (nous sommes en 1984), en essayant de placer quelques commentaires poussifs sur le tournage ou le sens profond de l'oeuvre. Il faut reconnaître que le visuel de cette conversation est plutôt divertissant.

Mais toute la valeur de ce documentaire réside dans le générique, durant lequel on assiste à une scène inoubliable: Yann Andréa, rachitique et raide comme la justice, derrière un volant, avec à ses côtés Marguerite Duras, échouée à la place du mort, arborant tous deux le regard ahuri de celui qui ne comprend absolument rien à ce qui se passe, roulant (évidemment excessivement lentement) autour du trianon censé représenter l'ambassade de France à Calcutta; le tout dans une Peugeot 104 flanquée d'un "90" au cul !!  Un tel tableau rattrape tout le reste.

Posté par p286a à 15:24 - Fiches films - Commentaires [1] - Rétroliens [0] - Permalien [#]


09 mai 2008

Lapin sans moutarde

Cela faisait des années que je ne l'avais pas vu, mais "Liaison fatale", c'est tout de même pas mal.

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(on remarque que ce coup-ci, je ne me suis pas contentée de prendre la pochette du DVD en photo, j'ai soigné la mise en scène...)

J'aime particulièrement le moment où il donne des spaghetti bolognaises au chien, pour faire croire qu'il les a mangés. De toute façon, dans ce film, à chaque fois qu'ils se mettent à table, c'est pour manger des spaghetti. Ce qui ne tient absolument pas debout. C'est le détail qui fout tout par terre, à mon sens.

Posté par p286a à 22:25 - Fiches films - Commentaires [2] - Rétroliens [0] - Permalien [#]

30 décembre 2007

Fiche film N°1

J'inaugure donc une nouvelle catégorie, mais rassurez-vous, j'ai super conscience que ça casse pas 3 pattes à un canard gras, "fiche de film" comme catégorie. J'aurais pu trouver plus original...

En fait, c'est la projection (projection en l'occurence, ça veut dire regarder un DVD dans mon lit sur ma télé pourrie, donc regarder un film sous une couette, en se frayant un passage entre les pots de yaourt, les livres,etc), c'est donc la projection, disais-je, d'un film qui m'a décidée:

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je l'ai regardé vendredi matin avant d'aller travailler.Oui je sais, rien que ça, c'est louche;mais en fait, je venais de mettre une lessive en route, vers 5h15, et dès lors, 2 choix s'offraient à moi: soit fixer ma machine à laver pendant 2h20, debout dans une pièce non chauffée, soit faire autre chose en attendant.

Et j'ai choisi "faire autre chose en attendant".Et ça a été ça.

On peut difficilement me soupçonner d'être une ayatollah de l'action sociale en France; loin de moi l'idée de défendre la veuve et l'orphelin, ou de dérober aux riches pour donner aux pauvres (doux Jésus, quelle idée..).

Disons pour résumer que je n'ai rien d'une droitdel'hommiste-gauchiste-activiste. Le mot "association"me fatigue d'avance.Et je ne parle même pas de "collectif" (ex: un collectif d'artistes luttant pour la cause de blablabla) qui figure au sommet du top ten des mots que je déteste le plus (avec "acter" "impacter","nous allons rencontrer une zone de turbulences", entre autres).

Alors pour en revenir à "ça commence aujourd'hui", et bien contre toute attente, putain, j'ai chialé comme un veau devant ce film, pratiquement sans discontinuer (je m'exprime de plus en plus élégamment, oui je sais). Cela ne m'était pas arrivé depuis le concert de Vincent Delerm à Châteauroux (!), mais c'était dans un registre complètement différent.

Attention cependant, ne nous méprenons pas: il n'est absolument pas question pour moi de m'être découvert une âme de militante (oulala non!!), je vais continuer bien sagement à ne penser qu'à ma gueule et à des futilités du style "dois-je vraiment me commander cette superbe robe un peu chère sur le site de Elle?" ou encore" Puis-je me permettre de porter des chaussettes bariolées dans des Birkenstock, même juste chez moi et même uniquement dans le noir?".

Mais quand même, j'ai beaucoup aimé ce film.

Posté par p286a à 12:18 - Fiches films - Commentaires [2] - Rétroliens [0] - Permalien [#]
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