Puisqu’il faut (parfois) faire plaisir aux gosses, j’ai accepté en juin dernier, sur l’idée de Paulo, de les emmener à Marne la Vallée.

Agissant avec une mauvaise grâce certaine, j’ai calé ça au retour d’un week-end de circuit moto de Paulo, ne consacrant qu’une toute petite journée à la visite chez Mickey. Voici  l’itinéraire parcouru dans la journée (carte artisanalement modifiée) :

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Partis à 6H du matin du point A, nous sommes montés au point B (le fameux Disneyland), avant de redescendre à la Guilde, où nous sommes arrivés vers 20H. La visite du parc a donc été strictement cantonnée au créneau 10H-16H. Bien suffisant à mon sens.

Psychologiquement préparée à passer un sale moment, je n’ai pas été déçue : nous étions le 21 juin, mais il faisait un froid de loup, au point que notre première action consista en l’achat de manteaux pour les filles ; il pleuvait et il y avait plein de monde ; à l’heure du repas, aucun restaurant ne daigna nous recevoir, faute de réservation : nous avons donc été contraints d’avaler de la nourriture pleine de gras dans un de ces fast food infâmes, ou plus exactement sur la terrasse de cet établissement, en plein vent et sous la pluie. Nous avons rempli consciencieusement la mission boutique souvenir, et avons sacrifié à l’attente incompressible dans les files dédiées à cet effet, toujours dans le blizzard et les frimas, avant de monter dans deux ou trois attractions, qui ne m’ont fait ni chaud ni froid.

A 16H pétantes, nous avons regagné le parking, et j’ai claqué la porte de la voiture avec le sentiment du devoir accompli, persuadée de ne plus jamais en entendre parler, gageant que tous les occupants du véhicule partageaient mon écoeurement.

Jusqu’à ce qu’en octobre, j’entende Paulo dire aux filles :

-« et puis en février, on va retourner chez Mickey ! »

Affolée par les débordements de joie provoqués par cette phrase, j’intervins avec véhémence :

-« Leur raconte pas des trucs pareils, elles vont le croire ! » 

-« Mais elles peuvent le croire, on va vraiment y retourner, mais cette fois-ci, on le fait version confort, avec hôtel au top, restaurants de princesses etc »

Après quelques jours de résistance indignée, j’ai admis que cela ferait un beau cadeau de Noël, et résignée, j’ai pris le dossier en main.  Après avoir étudié à la loupe les différents hôtels, les différents restaurants, les forums, les blogs, je me suis sentie en mesure d’opérer un choix éclairé.
J’ai  réservé 3 jours (2 nuits) au Disneyland Hôtel, du 29 février au 2 mars. Situé à l’intérieur du parc, sa localisation nous permettait de rejoindre notre chambre sans prendre une navette ou la voiture, et le standing de l’établissement laissait augurer le meilleur.

La question des restaurants était sensible : en effet, impossible d’imaginer se décider in situ, ces endroits hors de prix sont bien évidemment pris d’assaut, et il convient de réserver deux mois à l’avance, si l’on souhaite manger dans un restaurant digne de ce nom, et donc éviter une déconvenue comme celle du mois de juin. Passé le choc du tarif, j’ai calé deux déjeuners à  «  l’auberge de Cendrillon », et deux dîners au restaurant  «  Inventions », de telle sorte que les gosses puissent rencontrer un maximum de personnages, sans devoir affronter d’interminables files d’attente  . Le concept de ces établissements est en effet de prendre son repas en voyant défiler à sa table toute une ribambelle de personnages Disney. A tel point que l’utilisateur d’un forum se plaignait, au sujet du restaurant « Inventions », de ne pas avoir pu dîner tranquille, sans cesse emmerdé qu’il était par l’âne Bourriquet ou le chien Dingo venant lui taper dans le dos ou faire les andouilles, alors qu’il tentait de se concentrer sur son assiette. Exactement ce qu’il nous fallait.

Le séjour dans son ensemble fut une réussite, et je ne parle pas uniquement du point de vue des enfants.

Si bien qu’en refermant la portière de la voiture lors du départ, j’étais bien loin de l’euphorie triomphante de notre révoltante visite du mois de juin. C’est avec regret que j’abandonnais cet hôtel splendide et douillet, sa piscine déserte (coup de chance, sans doute) , son délicieux restaurant Inventions et l’ambiance de l’auberge de Cendrillon. Côté attractions, nous en avons fait suffisamment sans nous imposer un marathon éreintant, et si cela n’est définitivement pas ma tasse de thé, cet aspect parfois pénible (même si nous n’avons pas souffert d’une trop grande affluence) était largement compensé par le reste.

Il est donc possible d’apprécier un séjour à Disneyland, y compris pour un être aussi critique et atrabilaire que je le suis.

Pourvu que Paulo nous ressorte sa phrase magique : « et on va retourner chez Mickey !! »

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