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Après une longue période de climat exceptionnellement tempéré, nous avons retrouvé nos 40°C, ceux qui font le charme de notre contrée d’adoption (outre l’interdiction de l’alcool, du porc, et des sacs poubelle, bien sûr).

Dans ce nouveau contexte, c’est uniquement tôt le matin qu’il est possible de profiter d’une relative fraîcheur, entre la touffeur de la nuit et le retour du soleil à plein régime.

Sans qu’il ne faille y trouver aucun lien de cause à effet, je me suis remise au thé, après des années de café matinal. Cela fait des mois que je songe à cette révolution, à tel point que fin août, dans les derniers jours qui me restaient avant de reprendre l’avion pour la Black City, j’ai sacrifié une après-midi à un aller-retour à Tours, pour m’approvisionner en Earl Grey à la boutique Hatty’s, dont j’étais une fidèle cliente depuis longtemps. La boutique Hatty’s ayant été transformée en salon de coiffure, j’ai replongé pour quelques mois dans le café.  Jusqu’à ce que je comprenne que je n’aime plus du tout ça d’une part, et que le café me transforme un pile électrique pendant des heures, d’autre part. J’en suis au point où la simple odeur du café équitable me soulève l’estomac.

Me voilà donc attablée devant ma théière d’Earl Grey de marque distributeur Auchan, revendu par l’ATAC de la Black City, dans lequel je précipite le jus et quelques pépins d’un citron plus ou moins vert, préalablement trempé dans un bain de javel à visée sanitaire.

Je me demande si tout ceci est compatible avec les préceptes « forme » d’Estelle Lefébure.